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réponses au questionnaire adressé aux candidats à
l'éléction municipale concernant le patrimoine lillois
REPONSE
DE MARTINE AUBRY
Renaissance
du Lille Ancien m'a interrogée, dans le cadre des élections municipales,
sur la politique que j'entends mener en matière de patrimoine. C'est
bien volontiers que je réponds aujourd'hui, avec une attention toute
particulière sachant le travail remarquable que mène Renaissance
du Lille Ancien pour la préservation et la valorisation de notre
patrimoine, à laquelle je suis comme cette association très attachée.
Question
1 : le secteur sauvegardé. Etes-vous favorable à la mise en révision
du secteur sauvegardé et de son règlement ?
Oui, et je souhaite engager les études préalables à cette révision
dès 2008. Je propose que Renaissance du Lille Ancien soit pleinement
associée à ce travail, aux côtés de nos services, de ceux de la
DRAC (conseiller des monuments historiques, conseiller en architecture,
architecte des bâtiments de France) et d'experts que nous mobiliserons.
Ces études devront porter sur le périmètre car le secteur actuel
comprend des insuffisances (rue de Gand, rue de la Barre….), mais
aussi effectivement sur les couleurs et les matériaux pour éviter
des difficultés comme celle que nous avons eu pour l'immeuble du
38 rue Royale.
Question
2 : Etes-vous favorable à la création d'une ZPPAUP ?
Au-delà
du secteur sauvegardé, notre ville a la chance de posséder aussi
un patrimoine très riche issu du 19ème et 20ème siècle. Les lillois
y sont très attachés, comme le montre chaque année le succès des
Journées du Patrimoine dans nos quartiers. Il mérite d'être protégé
et valorisé, en utilisant les outils les plus appropriés. C'est
la raison pour laquelle l'étude que je propose de mener en 2008
pour le secteur sauvegardé devra également porter sur ce patrimoine
et déterminer les voies et moyens les plus appropriés pour sa protection
et sa valorisation (Zone de Protection du Patrimoine Urbain, Architectural
et Paysagé, article 11 du PLU….). Cette démarche devra permettre
à la fois de valoriser le patrimoine d'hier, parce que là se trouvent
nos racines, mais aussi celui de demain avec des gestes architecturaux
forts et contemporains, dans un dialogue créatif entre bâtiments
anciens, constructions nouvelles et espaces publics, donnant du
caractère et de la cohérence à nos rues et nos quartiers.
Question
n°3 : la gestion du patrimoine. La ville de Lille s'engagera-t-elle
dans une prise en charge claire de sa responsabilité en matière
de politique municipale de protection du patrimoine ?
C'est déjà en cours et nous poursuivrons. Depuis 2001, les effectifs
dédiés à la protection du patrimoine au sein de la Ville ont augmenté
de manière significative, passant de 10 à 14 personnes. A travers
cet effort, ce sont également de nouvelles missions que nous avons
créées pour développer une politique innovante et vivante en matière
de patrimoine : création d'un poste d'animateur du patrimoine, recrutement
d'une nouvelle responsable de l'organisation des Journées européennes
du patrimoine. Notre volonté a été également de mettre en musique
toutes les facettes du patrimoine pour construire une véritable
approche globale, en rattachant en 2007 le service "Archéologie"
à la direction du patrimoine, en fédérant l'ensemble des services
de la Ville concernés par le patrimoine (urbanisme, services techniques,
éducation, tourisme...) et en renforçant nos partenariats avec les
architectes du Patrimoine, les urbanistes, le CAUE, les associations
de sauvegarde, le rectorat, les archives départementales....S'agissant
des façades, nous avons engagés une première expérience rue des
Postes à Wazemmes, avec un doublement des primes de ravalement pour
les propriétaires qui s'engagent dans la démarche globale proposée
par la municipalité. Ainsi nous honorons pleinement notre nouveau
statut de " Ville d'art et Histoire ".
Question
4 : transport et stationnement. Entendez-vous mettre ce sujet sur
la table des discussions afin d'engager une politique créative et
nécessairement volontariste sur ce sujet ?
Comme
toute ville qui se développe, Lille doit en permanence adapter son
plan de déplacement, pour préserver la mobilité de ses habitants
et de ses visiteurs. En lien avec LMCU, notre objectif est que chacun
trouve à tout moment le mode de déplacement adapté à ses besoins,
et que la circulation soit la plus fluide et douce possible. Nous
y arriverons en rééquilibrant la place de la voiture par rapport
aux autres modes de transport.
Active,
notre politique l'est déjà : 10 km de couloirs de bus, des bus supplémentaires
(+100) et plus fréquents, la sécurisation du métro, des pistes cyclables
multipliées par 2,5…. Créative, notre politique l'est aussi je crois
avec la création de la Citadine (navette des boulevards), les parkings-relais
(2 500 places), les LIANE (lignes de bus à haut niveau de service,
sortes de tramway sur roue), les bus propres qui roulent au gaz
produit par nos déchets, l'autopartage (LILAS), le fauteuil-scooter
électrique pour les personnes à mobilité réduites…. Tout cela commence
à produire ses effets (+46% de fréquentation des transports en commun
depuis 1998).
Nous
voulons que le prochain mandat marque une nouvelle étape décisive
en la matière. La
concertation a déjà commencé avec l'élaboration de notre projet,
qui s'est appuyée sur de nombreuses réunions avec les lillois et
les associations et sur des rapports d'experts, comme celui coordonné
par Philippe Menerault en matière de déplacement. Ce dialogue se
poursuivra et prendra de nouvelles formes puisque nous proposons
par exemple à des habitants volontaires de tester les différents
modes de transport, régulièrement, afin de proposer de nouvelles
pistes d'amélioration. C'est l'équivalent de ce que nous faisons
pour l'urbanisme, avec les " diagnostics en marchant ".
Dans
notre programme, nous proposons tout d'abord, de porter à LMCU dont
c'est la compétence le projet de développer le tramway dans la métropole,
qu'il circule ou non sur les voies SNCF (tram-train). Le tracé donnera
lieu à une large concertation avec les habitants de Lille, de la
métropole et de la région. Dans Lille, une première ligne, en venant
du Nord, pourrait longer la citadelle (ce qui rendrait le secteur
sauvegardé et la citadelle beaucoup plus accessibles aux transports
en commun), puis emprunter les boulevards de la Lorraine, de la
Moselle, de Metz puis la rue du Faubourg d'Arras. A plus long terme
deux autres lignes de tramway pourraient voir le jour, en privilégiant
des zones mal desservies par le métro. Nous voulons aussi une nouvelle
gare à Lille Sud pour les TER. Elle fait désormais l'objet d'un
large consensus et d'ores et déjà d'un accord du Conseil Régional.
Après
avoir développé considérablement les pistes cyclables (et nous poursuivrons
notamment en veillant à la continuité des parcours et à la création
de parcours de promenade à vélo), nous proposons la mise en place
à Lille de vélos en libre service à compter du 1er janvier 2010,
dans le cadre du nouvel appel d'offre lancé pour le marché de transports
LMCU en 2009. L'objectif pourrait être que chacun ait une station
à moins de 300m de chez soi. Par ailleurs, nous doublerons les arceaux
vélo pour atteindre les 2 000 et créerons des lieux sécurisés (type
garage à vélos). Nous développerons aussi d'autres modes de transport
innovants : auto-partage en utilisant des véhicules propres (objectif
: 200 véhicules), navettes fluviales, livraisons à vélo, étude avec
LMCU de la possibilité de mise en service de minibus adaptés aux
rues du Vieux-Lille…S'agissant enfin du stationnement, les possibilités
de stationnement à proximité du cœur de ville ont augmenté (600
places au parking des Tanneurs, 595 places à Béthune-Lafayette),
un jalonnement dynamique a été mis en place pour indiquer les disponibilités,
le stationnement payant a été développé pour faciliter les rotations
et le stationnement résidentiel longue durée rendu moins cher pour
encourager l'usage d'autres modes de transport. Dans le prochain
mandat, nous implanterons (compétence LMCU) de nouveaux parcs relais
en silo ou en ouvrage, au Sud et à l'Ouest de la Ville (Porte des
Postes, Euratechnologies, Port de Lille…). Nous souhaitons aussi
que soient créés, en dehors de Lille en entrée d'agglomération,
de nouveaux parkings-relais aux stations de métro, du futur tramway
ou à des arrêts du TER. Nous travaillons également avec LMCU pour
la mise en place sur les autoroutes, le périphérique et la VRU,
d'un jalonnement " par portes " permettant de diversifier les accès
dans la ville en fonction des destinations, sans nécessairement
passer par le centre. Enfin, nous voulons réutiliser, lorsque c'est
techniquement possible, les places de parkings inutilisées dans
les HLM.
S'agissant
du Champ de Mars, dont nous prévoyons la rénovation complète (voir
ci-après), si je souhaite une poursuite de l'utilisation pour les
manifestations, fêtes et foires aux manèges lilloises, j'avoue mon
hésitation sur le maintien du parking. Je pense à la fois que sa
disparition à terme est souhaitable. Mais je crois aussi que, sans
réelle solution alternative aujourd'hui, elle priverait dans les
faits de nombreux lillois, de l'accès au parc du Champ de Mars,
et tout particulièrement les plus modestes qui viennent le plus
souvent du plus loin, ce qui n'est pas acceptable. C'est la raison
pour laquelle, en nous appuyant sur des experts du patrimoine, nous
avons imaginé cette solution intermédiaire, insatisfaisante j'en
ai parfaitement conscience, qui permet de maintenir la possibilité
de stationnement tout en diminuant au maximum son impact visuel,
dans l'attente d'une meilleure solution.
Question
n° 5 : un projet urbain sur le vieux Lille. Souhaitez vous entreprendre
la réalisation d'un projet urbain sur le Vieux Lille qui ouvre une
réflexion et aboutisse à un projet de (re) définition de ses espaces
et bâtiments publics ?
J'ai
défini, dans un document publié en 2005 " Un nouvel art de ville
pour un nouvel art de vivre ", ma vision de la façon dont notre
ville doit se développer : " refaire de la ville " dans chaque quartier
en y mêlant toutes les fonctions (logement, travail, commerce, loisirs…),
les catégories sociales et les générations ; mieux relier les quartiers
par des aménagements de qualité, des moyens de transport adaptés,
des promenades agréables, des équipements d'excellence… ; mettre
en valeur notre patrimoine et nos racines tout en construisant la
ville de demain, tels sont les principaux objectifs. Notre projet
urbain pour le Vieux Lille s'inscrit complètement dans cette démarche
(voir sur ce site www.martineaubry-lille2008.fr l'ensemble de nos
projets pour ce quartier que je ne détaille pas ici), en s'appuyant
bien sûr sur ses spécificités au premier rang desquelles son patrimoine
remarquable, le charme de ses rues pavées, ses enseignes commerciales.
Je
partage totalement l'analyse de Renaissance du Lille Ancien sur
la nécessité de traiter les vides laissés dans le tissu urbain par
la disparition des canaux et de différents bâtiments publics et
privés. C'est la raison pour laquelle, nous demanderons, en amont
de chaque étude urbaine pour les projets dans le Vieux-Lille, une
étude historique dans un périmètre large autour des projets, qui
devra traiter cette question. Une première application interviendra
dès 2008, avec les études préalables que nous conduirons pour la
remise en eau de l'avenue du Peuple Belge. Dans mon esprit, cette
remise en eau peut se faire partout où le canal est encore présent,
c'est-à-dire jusqu'au Palais de Justice avec une première phase
jusqu'à l'Hospice Général (ensuite, nous sommes au-dessus du parking
du Peuple Belge). Mais nous devrons simultanément traiter l'espace
au-dessus du parking du Peuple Belge (pour lequel je ne suis pas
favorable, dès lors que la remise en eau n'est pas possible, à la
réalisation d'une lame d'eau comme le préconisent certains, car
je veux de vrais usages pour les espaces publics), ainsi que la
place Louise de Bettignies qui a été amputée de la halle couverte
qui existait au début du 20ème siècle.
Question
n° 6 : les espaces publics. Entendez-vous assurer la programmation
financière de ces investissements lourds, nécessaires à l'attractivité
au rayonnement de la Métropole ?
S'agissant
des voiries, dans le cadre d'une enveloppe financière fixée par
la communauté urbaine, la priorité a été donnée dans le mandat qui
s'achève à la réfection des voiries dans les quartiers qui en avaient
le plus besoin (Lille Sud, Fives, Wazemmes, Moulins, Bois-Blancs,
Faubourg de Béthune…). La rue Faidherbe, l'avenue Foch, le square
Dutilleul, le quai du Wault, le square Daubenton, qui avaient également
bien besoin d'une rénovation, ont pour ce qui les concernent été
aménagés dans le cadre de Lille 2004, cofinancé à 90% par nos partenaires,
et donc sans prendre sur d'autres projets. Nous n'avons pas renoncé
à rénover les voiries du Vieux-Lille : ainsi nous avons commencé
à refaire la rue Saint-André. Et nous allons poursuivre, en maintenant
bien sûr les pavés. Le bitume qui a été posé rue Négrier, l'a été
temporairement, pour des raisons de sécurité, dans l'attente d'une
réfection complète de la rue, qui sera bien sûr pavée. L'objectif
est de refaire à terme toutes les rues qui nécessitent une intervention
(place des Archives, place du Concert, Ilot Comtesse, giratoire
rue de Gand-rue Gandhi, rue des Arts, place du Lion d'Or et place
Louise de Bettignies, rue St Jacques et rue des Urbanistes, rue
de Gand de la rue de Courtrai à la porte de Gand, rue Gandhi, haut
de la rue St André et place St André, rue du Magasin, rue Royale,
rue Négrier-rue du Pont-Neuf), même si, compte tenu du coût (dix
fois plus que pour une voirie normale), il faudra plus d'un mandat
pour y parvenir.
Question
n° 7 : la maîtrise d'œuvre des espaces publics. La qualité de la
rénovation des espaces publics a été assurée, dans le cadre de Lille
2004, par le recours à des professionnels compétents et un suivi
scrupuleux opéré par les services de la ville. Cette expérience
positive vous invite-t-elle à procéder de la même manière lors des
prochaines campagnes de réfection des rues et espaces publics ?
Oui.
La qualité saluée par Renaissance du Lille Ancien est en effet le
fruit d'une approche globale de la rénovation urbaine. A travers
la méthode de l'appel à concepteurs, nous intégrons en amont la
dimension historique et patrimoniale d'un site, en partant de son
histoire, en prenant en compte sa morphologie et tous les éléments
de son patrimoine. C'est dans ce cadre que nous avons généralisé,
en partenariat étroit avec LMCU, le recours à des équipes pluridisciplinaires
(architecte, paysagiste, historien, éclairagiste…) constituées en
fonction de la nature du réaménagement. Nous retrouvons cette approche
globale sur le volet statuaire pour lequel sont associés des urbanistes
et des professionnels du patrimoine. Par ailleurs, pour les opérations
d'envergure comme l'aménagement de l'avenue Léon Jouhaux, la Ville
a pris l'initiative d'études " pré-programme ", apportant à la fois
un regard sensible et des préconisations tous deux nécessaires pour
engager une concertation riche et ouverte.
Question
n° 8 : l'aménagement des abords de la citadelle, du Champ de Mars
et de l'Esplanade.
La rénovation du parc de la citadelle, labellisé " espace vert écologique
" par Ecocert, a déjà commencé. En matière de patrimoine, 1.700.000
euros ont déjà été consacrés depuis 3 ans pour les travaux d'aménagement
du site avec un partenariat fort entre la Ville, le Département
et l'Union Européenne, dans le cadre d'un programme Interreg IIIB
quiassocie des villes belges et néerlandaises.
Nous
voulons amplifier considérablement cette politique dans les années
à venir, à la fois sous l'angle patrimonial, et comme lieu de promenade
et de pratique du sport, nature, santé et famille.
C'est
ainsi qu'une vaste opération de restauration sera engagée sur le
patrimoine : restauration de la seconde enceinte de la Citadelle
(démarrage dès l'automne 2008), réaménagement du Champ de mars avec
restauration des accès à la façade de la Citadelle (Ponts du Ramponneau,
du petit Paradis et la Passerelle Napoléon) et reconstitution du
Glacis et du chemin couvert. Nous prévoyons aussi le maintien des
manifestations populaires comme les feux d'artifices et les foires
aux manèges, avec les interrogations dont j'ai fait part sur le
parking.
Le
stade, qui va être démoli, pourrait quant à lui laisser la place
à un " théâtre de verdure ", faisant face au mur de communication,
lui-même conservé et rénové, pour accueillir les spectacles en plein
air de Lille...Une " maison du sport santé-nature " proposera une
variété d'activités à pratiquer dans la Citadelle (course, randonnée,
VTT, grimpe dans les arbres, descente en rappel sur les remparts,
pistes cavalières…), le prêt du matériel (ballons…) et des vestiaires
en libre service avec douches. La pelouse du stade sera transformée
en plaine de jeux avec des mini terrains pour les sports de ballons
en famille. Un " Parcours du Coeur " sera installé autour du Grand
Carré, avec des appareils adaptés au sport pour les seniors. Une
station de vélos en libre service sera créée dans le secteur du
Grand Carré, point de départ de balades cyclistes aux bords des
canaux. Le zoo sera rénové et étendu du côté de la porte de Dunkerque.
Un parcours d'orientation permanent verra le jour et des partenariats
avec l'Education Nationale seront noués pour la pratique scolaire.
Les anciens terrains d'entraînement du LOSC pourraient laisser la
place à un plan d'eau pour la pratique des sports et loisirs nautiques.
S'agissant
du classement UNESCO, nous défendons l'entrée de la Citadelle dans
le patrimoine mondial dans un double cadre. Celui du réseau Septentrion,
constitué par le Conseil Général du nord et le programme Interreg
IIIB, et celui du réseau Vauban porté récemment à l'initiative de
la Ville de Besançon. Quelques années après la consécration internationale
pour notre beffroi, je suis certaine que cette candidature rencontrera
le succès, d'une manière ou d'une autre. Cette reconnaissance sera
aussi celle d'une identité originale qui conjugue l'affirmation
permanente des libertés locales et les manifestations d'une position
frontalière.
Question n° 9 : Comment entendez-vous restituer la liberté les
parcourir [les cours, ruelles et canaux] qui se trouvent aujourd'hui
clos par les riverains, privatisés de fait ?
Souhaitez-vous
entreprendre une évolution significative des heures d'ouverture
de la Vieille Bourse et une harmonisation de ces usages ?
Lorsque toutes les conditions d'usage le permettent, les Lillois
doivent pouvoir retrouver le contact avec ces cours et ces ruelles
qui font l'intimité du Vieux Lille et donnent souvent à voir les
faces secrètes de son charme. Nous voulons ainsi par exemple ouvrir
à nouveau la servitude, actuellement privatisée par un hôtel, qui
crée une promenade tout en douceur depuis la place Louise de Bettignies
vers le nouveau Jardin de la Treille. D'autres initiatives seront
prises en ce sens. En ce qui concerne la Vieille Bourse, la Ville
a déjà manifesté sa volonté d'ouvrir plus largement l'accès à ce
lieu pour les flâneurs et les visites organisées par l'Office de
tourisme. Mais l'ouverture le matin implique une prise en charge
du gardiennage du matériel des commerçants présents à partir de
14 heures, pour laquelle il nous faut trouver une solution.
Question 10 Souhaitez-vous accomplir ces projets [musée hospitalier,
visite dessouterrains du canal du Moulin Saint-Pierre et de la crypte
de la collégiale Saint-Pierre, musée multi-sites de maisons remarquables…]
complémentaires à la refondation muséographique de l'Hospice Comtesse
?
Cela fait partie des missions du Centre d'Interprétation de l'Architecture
et du Patrimoine (CIAAP), qui va s'installer dans les locaux rénovés
de l'Hospice Comtesse, que de développer de tels projets. S'agissant
du musée hospitalier, nous avons reçu les membres de l'association
pour évoquer avec eux différentes possibilités de valoriser la collection,
à l'échelle de chaque musée ou au sein d'un nouvel espace dédié.
Nous les avons également invités à ce rapprocher du conseil régional,
qui va assurer la maîtrise d'ouvrage de l'aménagement de la maison
des chercheurs, pour voir s'il n'est pas possible d'y valoriser
quelques éléments de la collection, comme cela se fait ailleurs
en France. Quant aux souterrains du Moulin Saint-Pierre et de la
crypte de la Collégiale, nous organiserons rapidement des visites
dans le cadre du CIAAP. L'extraordinaire bigarrure des façades lilloises
pourra aussi trouver, au sein de ce nouveau lieu dédié au patrimoine,
un support adapté pour la découverte de ce décor lillois. Par ailleurs,
nous étudierons sur l'espace public de nouveaux outils de découverte
par le jeu d'une signalétique ou d'un plan des façades lilloises
remarquables.
Question 11 : N'y aurait-il pas lieu de créer sur [le bassin
du quai du Wault et gare d'eau et rives de la haute Deûle] une activité
muséale, par exemple, par la restitution des principaux types d'embarcations
qui animèrent le réseau des canaux lillois, et notamment les bélandres
?
Voir revenir les bélandres à Lille est une idée séduisante que nous
étudierons. Nous souhaitons en tout cas faire revivre ces lieux,
au-delà de l'activité muséale d'ailleurs, puisque nous voulons ré-ouvrir
l'accès nautique au quai du Wault pour les petites embarcations
(il est aujourd'hui bouché par une canalisation communautaire),
et réactiver la gare d'eau aux Bois-Blancs en la réaménageant totalement
ainsi que ses abords. Je l'ai dit, nous voulons aussi rouvrir le
canal de l'avenue du Peuple Belge jusqu'au droit du palais de justice,
avec également une possibilité de navigation pour les petites embarcations.
Question
12 : souhaitez-vous entreprendre la reconstruction de la passerelle
Napoléon ?
Oui, je l'ai dit (voir question 8), nous nous y engageons avec la
Communauté Urbaine.
Question
13 : Comment entendez-vous gérer la concertation sur les domaines
du patrimoine, des projets urbains et des aménagements de la ville
?
Nous poursuivrons en utilisant tous les outils que nous avons utilisés
activement au cours du mandat échu : conseil communal de concertation
à travers sa commission urbanisme et aménagement (présidée entre
2001 et 2008 par le président de Renaissance du Lille Ancien et
qui encore récemment rendait un avis sur un projet d'aménagement
du Champ de Mars), ateliers urbains de proximité, diagnostics en
marchant, réunions publiques de proximité, expositions dans les
quartiers…. Le centre d'interprétation et d'animation de l'architecture
et du patrimoine sera également largement mobilisé pour exposer
et débattre sur les projets et des lieux d'exposition permanente
seront créés sur site pour les plus grands projets d'aménagement
(Lille Sud, Porte de Valenciennes, Port de Lille, St Sauveur, FCB,
Rives de la Haute-Deûle). L'appel à concepteurs est également une
innovation en matière de concertation avec une présentation en conseil
de quartier des principes d'aménagement. Avant la désignation du
concepteur, le cahier des charges fait également l'objet d'une présentation
et d'une discussion avec les habitants. Le concepteur une fois désigné,
le projet est régulièrement présenté pour avis, avant la phase d'information
travaux. Enfin, nous continuerons d'associer Renaissance du Lille
Ancien (ainsi que d'autres associations de même nature qui en feraient
la demande) à l'instruction des permis de construire dans les secteurs
protégés afin d'échanger le plus en amont possible sur les projets,
en liaison avec l'architecte des bâtiments de France.
Rédigé
par Martine Aubry, le 27/02/2008 .
REPONSE
DES VERTS
Les
éléments de réponse entre guillemets sont extraits du programme
de la liste des Verts conduite par Eric Quiquet et Marie-Pierre
Bresson.
Question
n°1 : Etes vous favorable à la mise en révision du secteur sauvegardé
" Le secteur sauvegardé devra être mis en révision pour lui donner
plus de cohérence et de précision, et intégrer les découvertes récentes.
"
Question
n°2 : Etes vous favorables à la création d'une ZPPAUP ?
" Afin de mieux maîtriser l'évolution de notre ville, en tenant
compte de sa richesse historique, mais aussi des usages, nous proposons
que Lille s'engage dans la création d'une Zone de Protection du
Patrimoine Architectural Urbain et Paysager (ZPPAUP). Cette procédure
permettra l'organisation d'un grand débat avec les associations
et les habitants. "
Question
n°3 : La Ville de Lille s'engagera t-elle dans une prise en charge
de sa responsabilité en matière de protection du patrimoine, en
se dotant des personnels nécessaires à la conduite de sa mission
? et en refondant la politique d'aide aux ravalements de façades,
en l'étalonnant selon l'intérêt historique des bâtiments ?
Nous avons doublé au cours de ce mandat les subventions au ravalement
des façades. Nous sommes favorables à ce que ces subventions puissent
être différenciées en fonction de l'inscription des immeubles dans
le secteur sauvegardé ou dans la future ZPPAUP. Les services de
la Ville ont été renforcés récemment, avec le recrutement d'un architecte
chargé du patrimoine ancien. La Ville s'est aussi engagé dans la
nouvelle procédure qui permet de confier la maîtrise d'œuvre de
la restauration sur plusieurs années à un architecte extérieur (pour
St Sauveur, ND de Fives par exemple).
Question n°4 : transports et stationnement
La percée des Canonniers est le seul chaînon qui a été réalisé du
projet de la percée de la Treille heureusement abandonné en 84.
C'est effectivement l'exemple de ce qu'il ne faudra plus jamais
faire dans notre ville : l'adapter à la voiture.
La communauté urbaine va poursuivre sa politique de créations de
parcs relais près des gares ou en fin de ligne de métro. Les capacités
de stationnement en centre ville sont aujourd'hui largement suffisantes,
dans un secteur très bien desservi par le réseau Transpole, mais
la gestion doit en être améliorée. La tarification entre le stationnement
en voirie et les parkings en ouvrage doit être harmonisée, et la
surveillance du stationnement payant améliorée (aujourd'hui plus
de 60% de non respect).
À l'échelle de la ville, le stationnement dans les parkings privés
(dont on estime à 4000 le nombre de places non-utilisées) doit être
favorisé pour donner plus de confort et de qualité à l'ensemble
de nos espaces publics. L'extension du stationnement payant autour
des stations de métro permet de favoriser le stationnement résidentiel
et le commerce local, en encourageant l'usage du métro. A destination
des riverains, nous remettrons sur le marché de la location, près
de 3000 places de stationnement aujourd'hui non utilisées dans les
immeubles collectifs.
Mais aménager et réglementer ne suffit pas à modifier les comportements.
L'espace public étant notre patrimoine commun, son bon usage doit
être contrôlé. S'agissant de défendre l'intérêt général, le rôle
et les moyens de la police municipale seront renforcés (stationnement,
circulation, vitesse…). Afin que les personnes à mobilité réduite,
mais aussi tous les piétons puissent vivre pleinement à Lille, le
stationnement illicite sur les trottoirs sera " éradiqué " à la
fin du mandat, nous en prenons l'engagement.
Questions
n°5 et 6 : projet urbain sur le Vieux-Lille et espaces publics
" La qualité d'une ville, c'est aussi la qualité de ses places.
A Lille, les places sont avant tout des carrefours à voitures. Comme
nous l'avons fait pour la Place de la République, nous proposons
de rénover ou de recréer 10 places publiques de qualité à Lille.
Nous
programmerons la rénovation de la Place Philippe Lebon, de la Place
Maurice Schumann, de la Place Edith Cavell, de la Place des Secouristes,
de la Place Casquette, de la Place Madeleine Caulier, de la Place
Rihour, de la Place du Concert, de la Place du Maréchal Leclerc
dont l'espace central sera transformé en grand square de quartier,
à l'image du parc J.B. Lebas...
Dès
l'été 2008, la Grand Place sera définitivement piétonne. Elle intègrera
un secteur piéton élargi jusqu'à la rue Basse. "
Question
n°7 : la maîtrise d'œuvre des espaces publics
C'est la Communauté Urbaine qui a la compétence sur les espaces
publics, en lien bien évidemment avec les élus et les techniciens
de la ville. LMCU s'est dotée d'une charte de qualité pour les espaces
publics, et elle compte en son sein des professionnels compétents
et des techniciens de très grande qualité. En fonction des projets
(complexité, charge de travail des services communautaires....)
nous faisons aussi régulièrement appel à des maîtrises d'oeuvre
extérieures (en clair des architectes/urbanistes et ou paysagistes),
sous forme de groupement de commande entre LMCU pour la partie voirie
et la ville (éclairage, mobilier, plantations...).
Question
n°8 : L'aménagement des abords de la Citadelle, du Champ de Mars
et de l'esplanade
" La restauration des remparts de la Citadelle de Lille, que nous
avons engagé avec l'aide du Conseil Général sera menée à bien et
l'aménagement de la Promenade des remparts autour de la ville sera
achevé.
Nous
voulons faire du parc de la Citadelle un espace dédié à la pratique
du sport familial et amateur. L'emplacement de l'ancien stade Grimonprez-Jooris
doit devenir un lieu de découverte de tous les sports et de sports
pour tous.
"
Pour nous, le Champ de Mars, reconfiguré, doit garder sa fonction
(historique d'ailleurs) d'accueil de grandes manifestations populaires
(Foire aux manèges, cirques, etc…).
Question
n°9 : les cours, ruelles et canaux. L'ouverture de la Vieille
Bourse.
Nous sommes hostiles à la privatisation des espaces et passages
publics et nous souhaitons que la Ville engage des procédures permettant
la réouverture des passages abusivement fermé, comme le passage
entre la Place Louis de Bettignies et la Treille.
La
question de l'ouverture le matin de la cour intérieure de la Vieille
Bourse devra être résolue en lien avec les bouquinistes qui l'animent.
Nous
sommes très réservés quant à la remise en eau de l'avenue du Peuple
Belge. Veillons d'abord à préserver ce qui existe (canal St Pierre,
canal autour de la Treille…) avant d'engager des travaux pharaoniques
ou de pseudo-reconstitutions.
Question
n°10 : les musées lillois
" Le Centre d'Interprétation et d'Animation de l'Architecture et
du Patrimoine (CIAAP), que la Ville et l'Etat se sont engagés à
créer, dans le cadre de " Lille Ville d'Art et d'Histoire ", s'installera
dans une partie des locaux de l'Hospice Comtesse, avec la volonté
de développer les actions d'animation du patrimoine, auprès des
adultes et des enfants, en nous appuyant sur les associations des
quartiers et des communes associées"
. La crypte de la Collégiale et le Canal St Pierre font déjà partie
du cahier des charges de l'installation du CIAAP à Comtesse.
Nous
sommes favorables à la création du Musée Hospitalier à partir de
la pharmacie de l'ancien Hospice Général, ou dans une partie de
l'ancienne faculté de médecine, rue Jean Bart. Plus globalement,
la Ville doit mieux prendre en compte la richesse de son patrimoine
universitaire du 19 ème siècle. Un inventaire complet devra être
réalisé dans le premiers mois du mandat.
Le
Service Ville d'Art et d'Histoire de la Ville a déjà publié plusieurs
documents " laissez-vous conter… " un monument ou un quartier de
la Ville (La Citadelle, mais aussi le Faubourg de Béthune). Ces
publications seront généralisées à l'ensemble de la ville et remises
à jours régulièrement.
Question
n°11 : les anciens quais
L'eau est au coeur de l'histoire de la ville. Mais ce patrimoine
qui fait la richesse de nombreuses villes, a chez nous pratiquement
disparu, à l'image du canal de l'avenue du Peuple Belge.
Il
ne s'agit pas ici de reconstruire la ville telle qu'elle était encore
il y a un siècle, mais de révéler, à chaque fois que cela est possible,
l'élément aquatique dans l'urbanisme de la ville.
La
piétonisation du quai de la Citadelle le long du Jardin Vauban montre
qu'à peu de frais, la Deûle peut se laisser découvrir différemment
aujourd'hui. Lille est pauvre en fontaines, voilà pourquoi nous
voulons que l'eau réapparaisse sous forme de fontaines ou de jets
d'eau sur chaque place ou dans chaque espace vert créé ou réaménagé.
Il s'agit évidemment d'eau industrielle ou pluviale en circuit fermé.
L'idée de l'installation de bateaux sur le Quai du Wault est une
idée intéressante, que nous engageons à étudier.
Question
n°12 : La passerelle Napoléon
Nous sommes favorables à la reconstruction de la passerelle Napoléon,
à la fois comme élément historique, mais aussi comme outil d'accès
au Parc de la Citadelle depuis le nord du Vieux-Lille.
Question
n°13 : Les procédures de concertation " Nous proposons que les
projets d'urbanisme soient plus accessibles au public. Ils seront
présentés et expliqués dans le hall de l'hôtel de ville. Ils le
seront ensuite dans le Centre d'interprétation et d'animation de
l'architecture et du patrimoine (CIAAP) qui doit trouver place à
l'Hospice Comtesse. "
" Une information permanente sur le Grand Projet Urbain sera disponible
à l'Hôtel de Ville, dans le carré Saint-Sauveur, et dans chaque
Mairie de Quartier. L'avancement des projets et les données de population
et d'équipement des quartiers y seront mis à jour. Les procédures
de concertation et des permanences d'information s'y tiendront.
Les données de mémoires y seront collectées et exposées. Chaque
"grand site" d'aménagement (Fives-Cail, Rives de la Haute-Deûle,
Saint-Sauveur…) sera également doté d'un lieu d'information. "
pour votre information : La liste menée par Eric Quiquet
et Marie Pierre Bresson souhaite une plus grande cohérence dans
les différents services de la ville. En ce sens, les archives municipales
et le service de l'archéologie devront intégrer la direction du
patrimoine.
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