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réponses au questionnaire adressé aux candidats à l'éléction municipale concernant le patrimoine lillois

REPONSE DE MARTINE AUBRY

Renaissance du Lille Ancien m'a interrogée, dans le cadre des élections municipales, sur la politique que j'entends mener en matière de patrimoine. C'est bien volontiers que je réponds aujourd'hui, avec une attention toute particulière sachant le travail remarquable que mène Renaissance du Lille Ancien pour la préservation et la valorisation de notre patrimoine, à laquelle je suis comme cette association très attachée.

Question 1 : le secteur sauvegardé. Etes-vous favorable à la mise en révision du secteur sauvegardé et de son règlement ?
Oui, et je souhaite engager les études préalables à cette révision dès 2008. Je propose que Renaissance du Lille Ancien soit pleinement associée à ce travail, aux côtés de nos services, de ceux de la DRAC (conseiller des monuments historiques, conseiller en architecture, architecte des bâtiments de France) et d'experts que nous mobiliserons. Ces études devront porter sur le périmètre car le secteur actuel comprend des insuffisances (rue de Gand, rue de la Barre….), mais aussi effectivement sur les couleurs et les matériaux pour éviter des difficultés comme celle que nous avons eu pour l'immeuble du 38 rue Royale.

Question 2 : Etes-vous favorable à la création d'une ZPPAUP ?
Au-delà du secteur sauvegardé, notre ville a la chance de posséder aussi un patrimoine très riche issu du 19ème et 20ème siècle. Les lillois y sont très attachés, comme le montre chaque année le succès des Journées du Patrimoine dans nos quartiers. Il mérite d'être protégé et valorisé, en utilisant les outils les plus appropriés. C'est la raison pour laquelle l'étude que je propose de mener en 2008 pour le secteur sauvegardé devra également porter sur ce patrimoine et déterminer les voies et moyens les plus appropriés pour sa protection et sa valorisation (Zone de Protection du Patrimoine Urbain, Architectural et Paysagé, article 11 du PLU….). Cette démarche devra permettre à la fois de valoriser le patrimoine d'hier, parce que là se trouvent nos racines, mais aussi celui de demain avec des gestes architecturaux forts et contemporains, dans un dialogue créatif entre bâtiments anciens, constructions nouvelles et espaces publics, donnant du caractère et de la cohérence à nos rues et nos quartiers.

Question n°3 : la gestion du patrimoine. La ville de Lille s'engagera-t-elle dans une prise en charge claire de sa responsabilité en matière de politique municipale de protection du patrimoine ?
C'est déjà en cours et nous poursuivrons. Depuis 2001, les effectifs dédiés à la protection du patrimoine au sein de la Ville ont augmenté de manière significative, passant de 10 à 14 personnes. A travers cet effort, ce sont également de nouvelles missions que nous avons créées pour développer une politique innovante et vivante en matière de patrimoine : création d'un poste d'animateur du patrimoine, recrutement d'une nouvelle responsable de l'organisation des Journées européennes du patrimoine. Notre volonté a été également de mettre en musique toutes les facettes du patrimoine pour construire une véritable approche globale, en rattachant en 2007 le service "Archéologie" à la direction du patrimoine, en fédérant l'ensemble des services de la Ville concernés par le patrimoine (urbanisme, services techniques, éducation, tourisme...) et en renforçant nos partenariats avec les architectes du Patrimoine, les urbanistes, le CAUE, les associations de sauvegarde, le rectorat, les archives départementales....S'agissant des façades, nous avons engagés une première expérience rue des Postes à Wazemmes, avec un doublement des primes de ravalement pour les propriétaires qui s'engagent dans la démarche globale proposée par la municipalité. Ainsi nous honorons pleinement notre nouveau statut de " Ville d'art et Histoire ".

Question 4 : transport et stationnement. Entendez-vous mettre ce sujet sur la table des discussions afin d'engager une politique créative et nécessairement volontariste sur ce sujet ?
Comme toute ville qui se développe, Lille doit en permanence adapter son plan de déplacement, pour préserver la mobilité de ses habitants et de ses visiteurs. En lien avec LMCU, notre objectif est que chacun trouve à tout moment le mode de déplacement adapté à ses besoins, et que la circulation soit la plus fluide et douce possible. Nous y arriverons en rééquilibrant la place de la voiture par rapport aux autres modes de transport.

Active, notre politique l'est déjà : 10 km de couloirs de bus, des bus supplémentaires (+100) et plus fréquents, la sécurisation du métro, des pistes cyclables multipliées par 2,5…. Créative, notre politique l'est aussi je crois avec la création de la Citadine (navette des boulevards), les parkings-relais (2 500 places), les LIANE (lignes de bus à haut niveau de service, sortes de tramway sur roue), les bus propres qui roulent au gaz produit par nos déchets, l'autopartage (LILAS), le fauteuil-scooter électrique pour les personnes à mobilité réduites…. Tout cela commence à produire ses effets (+46% de fréquentation des transports en commun depuis 1998).

Nous voulons que le prochain mandat marque une nouvelle étape décisive en la matière. La concertation a déjà commencé avec l'élaboration de notre projet, qui s'est appuyée sur de nombreuses réunions avec les lillois et les associations et sur des rapports d'experts, comme celui coordonné par Philippe Menerault en matière de déplacement. Ce dialogue se poursuivra et prendra de nouvelles formes puisque nous proposons par exemple à des habitants volontaires de tester les différents modes de transport, régulièrement, afin de proposer de nouvelles pistes d'amélioration. C'est l'équivalent de ce que nous faisons pour l'urbanisme, avec les " diagnostics en marchant ".

Dans notre programme, nous proposons tout d'abord, de porter à LMCU dont c'est la compétence le projet de développer le tramway dans la métropole, qu'il circule ou non sur les voies SNCF (tram-train). Le tracé donnera lieu à une large concertation avec les habitants de Lille, de la métropole et de la région. Dans Lille, une première ligne, en venant du Nord, pourrait longer la citadelle (ce qui rendrait le secteur sauvegardé et la citadelle beaucoup plus accessibles aux transports en commun), puis emprunter les boulevards de la Lorraine, de la Moselle, de Metz puis la rue du Faubourg d'Arras. A plus long terme deux autres lignes de tramway pourraient voir le jour, en privilégiant des zones mal desservies par le métro. Nous voulons aussi une nouvelle gare à Lille Sud pour les TER. Elle fait désormais l'objet d'un large consensus et d'ores et déjà d'un accord du Conseil Régional.

Après avoir développé considérablement les pistes cyclables (et nous poursuivrons notamment en veillant à la continuité des parcours et à la création de parcours de promenade à vélo), nous proposons la mise en place à Lille de vélos en libre service à compter du 1er janvier 2010, dans le cadre du nouvel appel d'offre lancé pour le marché de transports LMCU en 2009. L'objectif pourrait être que chacun ait une station à moins de 300m de chez soi. Par ailleurs, nous doublerons les arceaux vélo pour atteindre les 2 000 et créerons des lieux sécurisés (type garage à vélos). Nous développerons aussi d'autres modes de transport innovants : auto-partage en utilisant des véhicules propres (objectif : 200 véhicules), navettes fluviales, livraisons à vélo, étude avec LMCU de la possibilité de mise en service de minibus adaptés aux rues du Vieux-Lille…S'agissant enfin du stationnement, les possibilités de stationnement à proximité du cœur de ville ont augmenté (600 places au parking des Tanneurs, 595 places à Béthune-Lafayette), un jalonnement dynamique a été mis en place pour indiquer les disponibilités, le stationnement payant a été développé pour faciliter les rotations et le stationnement résidentiel longue durée rendu moins cher pour encourager l'usage d'autres modes de transport. Dans le prochain mandat, nous implanterons (compétence LMCU) de nouveaux parcs relais en silo ou en ouvrage, au Sud et à l'Ouest de la Ville (Porte des Postes, Euratechnologies, Port de Lille…). Nous souhaitons aussi que soient créés, en dehors de Lille en entrée d'agglomération, de nouveaux parkings-relais aux stations de métro, du futur tramway ou à des arrêts du TER. Nous travaillons également avec LMCU pour la mise en place sur les autoroutes, le périphérique et la VRU, d'un jalonnement " par portes " permettant de diversifier les accès dans la ville en fonction des destinations, sans nécessairement passer par le centre. Enfin, nous voulons réutiliser, lorsque c'est techniquement possible, les places de parkings inutilisées dans les HLM.

S'agissant du Champ de Mars, dont nous prévoyons la rénovation complète (voir ci-après), si je souhaite une poursuite de l'utilisation pour les manifestations, fêtes et foires aux manèges lilloises, j'avoue mon hésitation sur le maintien du parking. Je pense à la fois que sa disparition à terme est souhaitable. Mais je crois aussi que, sans réelle solution alternative aujourd'hui, elle priverait dans les faits de nombreux lillois, de l'accès au parc du Champ de Mars, et tout particulièrement les plus modestes qui viennent le plus souvent du plus loin, ce qui n'est pas acceptable. C'est la raison pour laquelle, en nous appuyant sur des experts du patrimoine, nous avons imaginé cette solution intermédiaire, insatisfaisante j'en ai parfaitement conscience, qui permet de maintenir la possibilité de stationnement tout en diminuant au maximum son impact visuel, dans l'attente d'une meilleure solution.

Question n° 5 : un projet urbain sur le vieux Lille. Souhaitez vous entreprendre la réalisation d'un projet urbain sur le Vieux Lille qui ouvre une réflexion et aboutisse à un projet de (re) définition de ses espaces et bâtiments publics ?
J'ai défini, dans un document publié en 2005 " Un nouvel art de ville pour un nouvel art de vivre ", ma vision de la façon dont notre ville doit se développer : " refaire de la ville " dans chaque quartier en y mêlant toutes les fonctions (logement, travail, commerce, loisirs…), les catégories sociales et les générations ; mieux relier les quartiers par des aménagements de qualité, des moyens de transport adaptés, des promenades agréables, des équipements d'excellence… ; mettre en valeur notre patrimoine et nos racines tout en construisant la ville de demain, tels sont les principaux objectifs. Notre projet urbain pour le Vieux Lille s'inscrit complètement dans cette démarche (voir sur ce site www.martineaubry-lille2008.fr l'ensemble de nos projets pour ce quartier que je ne détaille pas ici), en s'appuyant bien sûr sur ses spécificités au premier rang desquelles son patrimoine remarquable, le charme de ses rues pavées, ses enseignes commerciales.

Je partage totalement l'analyse de Renaissance du Lille Ancien sur la nécessité de traiter les vides laissés dans le tissu urbain par la disparition des canaux et de différents bâtiments publics et privés. C'est la raison pour laquelle, nous demanderons, en amont de chaque étude urbaine pour les projets dans le Vieux-Lille, une étude historique dans un périmètre large autour des projets, qui devra traiter cette question. Une première application interviendra dès 2008, avec les études préalables que nous conduirons pour la remise en eau de l'avenue du Peuple Belge. Dans mon esprit, cette remise en eau peut se faire partout où le canal est encore présent, c'est-à-dire jusqu'au Palais de Justice avec une première phase jusqu'à l'Hospice Général (ensuite, nous sommes au-dessus du parking du Peuple Belge). Mais nous devrons simultanément traiter l'espace au-dessus du parking du Peuple Belge (pour lequel je ne suis pas favorable, dès lors que la remise en eau n'est pas possible, à la réalisation d'une lame d'eau comme le préconisent certains, car je veux de vrais usages pour les espaces publics), ainsi que la place Louise de Bettignies qui a été amputée de la halle couverte qui existait au début du 20ème siècle.

Question n° 6 : les espaces publics. Entendez-vous assurer la programmation financière de ces investissements lourds, nécessaires à l'attractivité au rayonnement de la Métropole ?
S'agissant des voiries, dans le cadre d'une enveloppe financière fixée par la communauté urbaine, la priorité a été donnée dans le mandat qui s'achève à la réfection des voiries dans les quartiers qui en avaient le plus besoin (Lille Sud, Fives, Wazemmes, Moulins, Bois-Blancs, Faubourg de Béthune…). La rue Faidherbe, l'avenue Foch, le square Dutilleul, le quai du Wault, le square Daubenton, qui avaient également bien besoin d'une rénovation, ont pour ce qui les concernent été aménagés dans le cadre de Lille 2004, cofinancé à 90% par nos partenaires, et donc sans prendre sur d'autres projets. Nous n'avons pas renoncé à rénover les voiries du Vieux-Lille : ainsi nous avons commencé à refaire la rue Saint-André. Et nous allons poursuivre, en maintenant bien sûr les pavés. Le bitume qui a été posé rue Négrier, l'a été temporairement, pour des raisons de sécurité, dans l'attente d'une réfection complète de la rue, qui sera bien sûr pavée. L'objectif est de refaire à terme toutes les rues qui nécessitent une intervention (place des Archives, place du Concert, Ilot Comtesse, giratoire rue de Gand-rue Gandhi, rue des Arts, place du Lion d'Or et place Louise de Bettignies, rue St Jacques et rue des Urbanistes, rue de Gand de la rue de Courtrai à la porte de Gand, rue Gandhi, haut de la rue St André et place St André, rue du Magasin, rue Royale, rue Négrier-rue du Pont-Neuf), même si, compte tenu du coût (dix fois plus que pour une voirie normale), il faudra plus d'un mandat pour y parvenir.

Question n° 7 : la maîtrise d'œuvre des espaces publics. La qualité de la rénovation des espaces publics a été assurée, dans le cadre de Lille 2004, par le recours à des professionnels compétents et un suivi scrupuleux opéré par les services de la ville. Cette expérience positive vous invite-t-elle à procéder de la même manière lors des prochaines campagnes de réfection des rues et espaces publics ?
Oui. La qualité saluée par Renaissance du Lille Ancien est en effet le fruit d'une approche globale de la rénovation urbaine. A travers la méthode de l'appel à concepteurs, nous intégrons en amont la dimension historique et patrimoniale d'un site, en partant de son histoire, en prenant en compte sa morphologie et tous les éléments de son patrimoine. C'est dans ce cadre que nous avons généralisé, en partenariat étroit avec LMCU, le recours à des équipes pluridisciplinaires (architecte, paysagiste, historien, éclairagiste…) constituées en fonction de la nature du réaménagement. Nous retrouvons cette approche globale sur le volet statuaire pour lequel sont associés des urbanistes et des professionnels du patrimoine. Par ailleurs, pour les opérations d'envergure comme l'aménagement de l'avenue Léon Jouhaux, la Ville a pris l'initiative d'études " pré-programme ", apportant à la fois un regard sensible et des préconisations tous deux nécessaires pour engager une concertation riche et ouverte.

Question n° 8 : l'aménagement des abords de la citadelle, du Champ de Mars et de l'Esplanade.
La rénovation du parc de la citadelle, labellisé " espace vert écologique " par Ecocert, a déjà commencé. En matière de patrimoine, 1.700.000 euros ont déjà été consacrés depuis 3 ans pour les travaux d'aménagement du site avec un partenariat fort entre la Ville, le Département et l'Union Européenne, dans le cadre d'un programme Interreg IIIB quiassocie des villes belges et néerlandaises.

Nous voulons amplifier considérablement cette politique dans les années à venir, à la fois sous l'angle patrimonial, et comme lieu de promenade et de pratique du sport, nature, santé et famille.

C'est ainsi qu'une vaste opération de restauration sera engagée sur le patrimoine : restauration de la seconde enceinte de la Citadelle (démarrage dès l'automne 2008), réaménagement du Champ de mars avec restauration des accès à la façade de la Citadelle (Ponts du Ramponneau, du petit Paradis et la Passerelle Napoléon) et reconstitution du Glacis et du chemin couvert. Nous prévoyons aussi le maintien des manifestations populaires comme les feux d'artifices et les foires aux manèges, avec les interrogations dont j'ai fait part sur le parking.

Le stade, qui va être démoli, pourrait quant à lui laisser la place à un " théâtre de verdure ", faisant face au mur de communication, lui-même conservé et rénové, pour accueillir les spectacles en plein air de Lille...Une " maison du sport santé-nature " proposera une variété d'activités à pratiquer dans la Citadelle (course, randonnée, VTT, grimpe dans les arbres, descente en rappel sur les remparts, pistes cavalières…), le prêt du matériel (ballons…) et des vestiaires en libre service avec douches. La pelouse du stade sera transformée en plaine de jeux avec des mini terrains pour les sports de ballons en famille. Un " Parcours du Coeur " sera installé autour du Grand Carré, avec des appareils adaptés au sport pour les seniors. Une station de vélos en libre service sera créée dans le secteur du Grand Carré, point de départ de balades cyclistes aux bords des canaux. Le zoo sera rénové et étendu du côté de la porte de Dunkerque. Un parcours d'orientation permanent verra le jour et des partenariats avec l'Education Nationale seront noués pour la pratique scolaire.
Les anciens terrains d'entraînement du LOSC pourraient laisser la place à un plan d'eau pour la pratique des sports et loisirs nautiques.

S'agissant du classement UNESCO, nous défendons l'entrée de la Citadelle dans le patrimoine mondial dans un double cadre. Celui du réseau Septentrion, constitué par le Conseil Général du nord et le programme Interreg IIIB, et celui du réseau Vauban porté récemment à l'initiative de la Ville de Besançon. Quelques années après la consécration internationale pour notre beffroi, je suis certaine que cette candidature rencontrera le succès, d'une manière ou d'une autre. Cette reconnaissance sera aussi celle d'une identité originale qui conjugue l'affirmation permanente des libertés locales et les manifestations d'une position frontalière.


Question n° 9 : Comment entendez-vous restituer la liberté les parcourir [les cours, ruelles et canaux] qui se trouvent aujourd'hui clos par les riverains, privatisés de fait ?
Souhaitez-vous entreprendre une évolution significative des heures d'ouverture de la Vieille Bourse et une harmonisation de ces usages ?
Lorsque toutes les conditions d'usage le permettent, les Lillois doivent pouvoir retrouver le contact avec ces cours et ces ruelles qui font l'intimité du Vieux Lille et donnent souvent à voir les faces secrètes de son charme. Nous voulons ainsi par exemple ouvrir à nouveau la servitude, actuellement privatisée par un hôtel, qui crée une promenade tout en douceur depuis la place Louise de Bettignies vers le nouveau Jardin de la Treille. D'autres initiatives seront prises en ce sens. En ce qui concerne la Vieille Bourse, la Ville a déjà manifesté sa volonté d'ouvrir plus largement l'accès à ce lieu pour les flâneurs et les visites organisées par l'Office de tourisme. Mais l'ouverture le matin implique une prise en charge du gardiennage du matériel des commerçants présents à partir de 14 heures, pour laquelle il nous faut trouver une solution.

Question 10 Souhaitez-vous accomplir ces projets [musée hospitalier, visite dessouterrains du canal du Moulin Saint-Pierre et de la crypte de la collégiale Saint-Pierre, musée multi-sites de maisons remarquables…] complémentaires à la refondation muséographique de l'Hospice Comtesse ?
Cela fait partie des missions du Centre d'Interprétation de l'Architecture et du Patrimoine (CIAAP), qui va s'installer dans les locaux rénovés de l'Hospice Comtesse, que de développer de tels projets. S'agissant du musée hospitalier, nous avons reçu les membres de l'association pour évoquer avec eux différentes possibilités de valoriser la collection, à l'échelle de chaque musée ou au sein d'un nouvel espace dédié. Nous les avons également invités à ce rapprocher du conseil régional, qui va assurer la maîtrise d'ouvrage de l'aménagement de la maison des chercheurs, pour voir s'il n'est pas possible d'y valoriser quelques éléments de la collection, comme cela se fait ailleurs en France. Quant aux souterrains du Moulin Saint-Pierre et de la crypte de la Collégiale, nous organiserons rapidement des visites dans le cadre du CIAAP. L'extraordinaire bigarrure des façades lilloises pourra aussi trouver, au sein de ce nouveau lieu dédié au patrimoine, un support adapté pour la découverte de ce décor lillois. Par ailleurs, nous étudierons sur l'espace public de nouveaux outils de découverte par le jeu d'une signalétique ou d'un plan des façades lilloises remarquables.

Question 11 : N'y aurait-il pas lieu de créer sur [le bassin du quai du Wault et gare d'eau et rives de la haute Deûle] une activité muséale, par exemple, par la restitution des principaux types d'embarcations qui animèrent le réseau des canaux lillois, et notamment les bélandres ?
Voir revenir les bélandres à Lille est une idée séduisante que nous étudierons. Nous souhaitons en tout cas faire revivre ces lieux, au-delà de l'activité muséale d'ailleurs, puisque nous voulons ré-ouvrir l'accès nautique au quai du Wault pour les petites embarcations (il est aujourd'hui bouché par une canalisation communautaire), et réactiver la gare d'eau aux Bois-Blancs en la réaménageant totalement ainsi que ses abords. Je l'ai dit, nous voulons aussi rouvrir le canal de l'avenue du Peuple Belge jusqu'au droit du palais de justice, avec également une possibilité de navigation pour les petites embarcations.

Question 12 : souhaitez-vous entreprendre la reconstruction de la passerelle Napoléon ?
Oui, je l'ai dit (voir question 8), nous nous y engageons avec la Communauté Urbaine.

Question 13 : Comment entendez-vous gérer la concertation sur les domaines du patrimoine, des projets urbains et des aménagements de la ville ?
Nous poursuivrons en utilisant tous les outils que nous avons utilisés activement au cours du mandat échu : conseil communal de concertation à travers sa commission urbanisme et aménagement (présidée entre 2001 et 2008 par le président de Renaissance du Lille Ancien et qui encore récemment rendait un avis sur un projet d'aménagement du Champ de Mars), ateliers urbains de proximité, diagnostics en marchant, réunions publiques de proximité, expositions dans les quartiers…. Le centre d'interprétation et d'animation de l'architecture et du patrimoine sera également largement mobilisé pour exposer et débattre sur les projets et des lieux d'exposition permanente seront créés sur site pour les plus grands projets d'aménagement (Lille Sud, Porte de Valenciennes, Port de Lille, St Sauveur, FCB, Rives de la Haute-Deûle). L'appel à concepteurs est également une innovation en matière de concertation avec une présentation en conseil de quartier des principes d'aménagement. Avant la désignation du concepteur, le cahier des charges fait également l'objet d'une présentation et d'une discussion avec les habitants. Le concepteur une fois désigné, le projet est régulièrement présenté pour avis, avant la phase d'information travaux. Enfin, nous continuerons d'associer Renaissance du Lille Ancien (ainsi que d'autres associations de même nature qui en feraient la demande) à l'instruction des permis de construire dans les secteurs protégés afin d'échanger le plus en amont possible sur les projets, en liaison avec l'architecte des bâtiments de France.

Rédigé par Martine Aubry, le 27/02/2008 .

REPONSE DES VERTS

Les éléments de réponse entre guillemets sont extraits du programme de la liste des Verts conduite par Eric Quiquet et Marie-Pierre Bresson.

Question n°1 : Etes vous favorable à la mise en révision du secteur sauvegardé
" Le secteur sauvegardé devra être mis en révision pour lui donner plus de cohérence et de précision, et intégrer les découvertes récentes. "

Question n°2 : Etes vous favorables à la création d'une ZPPAUP ?
" Afin de mieux maîtriser l'évolution de notre ville, en tenant compte de sa richesse historique, mais aussi des usages, nous proposons que Lille s'engage dans la création d'une Zone de Protection du Patrimoine Architectural Urbain et Paysager (ZPPAUP). Cette procédure permettra l'organisation d'un grand débat avec les associations et les habitants. "

Question n°3 : La Ville de Lille s'engagera t-elle dans une prise en charge de sa responsabilité en matière de protection du patrimoine, en se dotant des personnels nécessaires à la conduite de sa mission ? et en refondant la politique d'aide aux ravalements de façades, en l'étalonnant selon l'intérêt historique des bâtiments ?
Nous avons doublé au cours de ce mandat les subventions au ravalement des façades. Nous sommes favorables à ce que ces subventions puissent être différenciées en fonction de l'inscription des immeubles dans le secteur sauvegardé ou dans la future ZPPAUP. Les services de la Ville ont été renforcés récemment, avec le recrutement d'un architecte chargé du patrimoine ancien. La Ville s'est aussi engagé dans la nouvelle procédure qui permet de confier la maîtrise d'œuvre de la restauration sur plusieurs années à un architecte extérieur (pour St Sauveur, ND de Fives par exemple).

Question n°4 : transports et stationnement
La percée des Canonniers est le seul chaînon qui a été réalisé du projet de la percée de la Treille heureusement abandonné en 84. C'est effectivement l'exemple de ce qu'il ne faudra plus jamais faire dans notre ville : l'adapter à la voiture.
La communauté urbaine va poursuivre sa politique de créations de parcs relais près des gares ou en fin de ligne de métro. Les capacités de stationnement en centre ville sont aujourd'hui largement suffisantes, dans un secteur très bien desservi par le réseau Transpole, mais la gestion doit en être améliorée. La tarification entre le stationnement en voirie et les parkings en ouvrage doit être harmonisée, et la surveillance du stationnement payant améliorée (aujourd'hui plus de 60% de non respect).
À l'échelle de la ville, le stationnement dans les parkings privés (dont on estime à 4000 le nombre de places non-utilisées) doit être favorisé pour donner plus de confort et de qualité à l'ensemble de nos espaces publics. L'extension du stationnement payant autour des stations de métro permet de favoriser le stationnement résidentiel et le commerce local, en encourageant l'usage du métro. A destination des riverains, nous remettrons sur le marché de la location, près de 3000 places de stationnement aujourd'hui non utilisées dans les immeubles collectifs.
Mais aménager et réglementer ne suffit pas à modifier les comportements. L'espace public étant notre patrimoine commun, son bon usage doit être contrôlé. S'agissant de défendre l'intérêt général, le rôle et les moyens de la police municipale seront renforcés (stationnement, circulation, vitesse…). Afin que les personnes à mobilité réduite, mais aussi tous les piétons puissent vivre pleinement à Lille, le stationnement illicite sur les trottoirs sera " éradiqué " à la fin du mandat, nous en prenons l'engagement.

Questions n°5 et 6 : projet urbain sur le Vieux-Lille et espaces publics
" La qualité d'une ville, c'est aussi la qualité de ses places. A Lille, les places sont avant tout des carrefours à voitures. Comme nous l'avons fait pour la Place de la République, nous proposons de rénover ou de recréer 10 places publiques de qualité à Lille.

Nous programmerons la rénovation de la Place Philippe Lebon, de la Place Maurice Schumann, de la Place Edith Cavell, de la Place des Secouristes, de la Place Casquette, de la Place Madeleine Caulier, de la Place Rihour, de la Place du Concert, de la Place du Maréchal Leclerc dont l'espace central sera transformé en grand square de quartier, à l'image du parc J.B. Lebas...

Dès l'été 2008, la Grand Place sera définitivement piétonne. Elle intègrera un secteur piéton élargi jusqu'à la rue Basse. "

Question n°7 : la maîtrise d'œuvre des espaces publics
C'est la Communauté Urbaine qui a la compétence sur les espaces publics, en lien bien évidemment avec les élus et les techniciens de la ville. LMCU s'est dotée d'une charte de qualité pour les espaces publics, et elle compte en son sein des professionnels compétents et des techniciens de très grande qualité. En fonction des projets (complexité, charge de travail des services communautaires....) nous faisons aussi régulièrement appel à des maîtrises d'oeuvre extérieures (en clair des architectes/urbanistes et ou paysagistes), sous forme de groupement de commande entre LMCU pour la partie voirie et la ville (éclairage, mobilier, plantations...).

Question n°8 : L'aménagement des abords de la Citadelle, du Champ de Mars et de l'esplanade
" La restauration des remparts de la Citadelle de Lille, que nous avons engagé avec l'aide du Conseil Général sera menée à bien et l'aménagement de la Promenade des remparts autour de la ville sera achevé.

Nous voulons faire du parc de la Citadelle un espace dédié à la pratique du sport familial et amateur. L'emplacement de l'ancien stade Grimonprez-Jooris doit devenir un lieu de découverte de tous les sports et de sports pour tous.

" Pour nous, le Champ de Mars, reconfiguré, doit garder sa fonction (historique d'ailleurs) d'accueil de grandes manifestations populaires (Foire aux manèges, cirques, etc…).

Question n°9 : les cours, ruelles et canaux. L'ouverture de la Vieille Bourse.
Nous sommes hostiles à la privatisation des espaces et passages publics et nous souhaitons que la Ville engage des procédures permettant la réouverture des passages abusivement fermé, comme le passage entre la Place Louis de Bettignies et la Treille.

La question de l'ouverture le matin de la cour intérieure de la Vieille Bourse devra être résolue en lien avec les bouquinistes qui l'animent.

Nous sommes très réservés quant à la remise en eau de l'avenue du Peuple Belge. Veillons d'abord à préserver ce qui existe (canal St Pierre, canal autour de la Treille…) avant d'engager des travaux pharaoniques ou de pseudo-reconstitutions.

Question n°10 : les musées lillois
" Le Centre d'Interprétation et d'Animation de l'Architecture et du Patrimoine (CIAAP), que la Ville et l'Etat se sont engagés à créer, dans le cadre de " Lille Ville d'Art et d'Histoire ", s'installera dans une partie des locaux de l'Hospice Comtesse, avec la volonté de développer les actions d'animation du patrimoine, auprès des adultes et des enfants, en nous appuyant sur les associations des quartiers et des communes associées"
. La crypte de la Collégiale et le Canal St Pierre font déjà partie du cahier des charges de l'installation du CIAAP à Comtesse.

Nous sommes favorables à la création du Musée Hospitalier à partir de la pharmacie de l'ancien Hospice Général, ou dans une partie de l'ancienne faculté de médecine, rue Jean Bart. Plus globalement, la Ville doit mieux prendre en compte la richesse de son patrimoine universitaire du 19 ème siècle. Un inventaire complet devra être réalisé dans le premiers mois du mandat.

Le Service Ville d'Art et d'Histoire de la Ville a déjà publié plusieurs documents " laissez-vous conter… " un monument ou un quartier de la Ville (La Citadelle, mais aussi le Faubourg de Béthune). Ces publications seront généralisées à l'ensemble de la ville et remises à jours régulièrement.

Question n°11 : les anciens quais
L'eau est au coeur de l'histoire de la ville. Mais ce patrimoine qui fait la richesse de nombreuses villes, a chez nous pratiquement disparu, à l'image du canal de l'avenue du Peuple Belge.

Il ne s'agit pas ici de reconstruire la ville telle qu'elle était encore il y a un siècle, mais de révéler, à chaque fois que cela est possible, l'élément aquatique dans l'urbanisme de la ville.

La piétonisation du quai de la Citadelle le long du Jardin Vauban montre qu'à peu de frais, la Deûle peut se laisser découvrir différemment aujourd'hui. Lille est pauvre en fontaines, voilà pourquoi nous voulons que l'eau réapparaisse sous forme de fontaines ou de jets d'eau sur chaque place ou dans chaque espace vert créé ou réaménagé. Il s'agit évidemment d'eau industrielle ou pluviale en circuit fermé. L'idée de l'installation de bateaux sur le Quai du Wault est une idée intéressante, que nous engageons à étudier.

Question n°12 : La passerelle Napoléon
Nous sommes favorables à la reconstruction de la passerelle Napoléon, à la fois comme élément historique, mais aussi comme outil d'accès au Parc de la Citadelle depuis le nord du Vieux-Lille.

Question n°13 : Les procédures de concertation " Nous proposons que les projets d'urbanisme soient plus accessibles au public. Ils seront présentés et expliqués dans le hall de l'hôtel de ville. Ils le seront ensuite dans le Centre d'interprétation et d'animation de l'architecture et du patrimoine (CIAAP) qui doit trouver place à l'Hospice Comtesse. "

" Une information permanente sur le Grand Projet Urbain sera disponible à l'Hôtel de Ville, dans le carré Saint-Sauveur, et dans chaque Mairie de Quartier. L'avancement des projets et les données de population et d'équipement des quartiers y seront mis à jour. Les procédures de concertation et des permanences d'information s'y tiendront. Les données de mémoires y seront collectées et exposées. Chaque "grand site" d'aménagement (Fives-Cail, Rives de la Haute-Deûle, Saint-Sauveur…) sera également doté d'un lieu d'information. "

pour votre information : La liste menée par Eric Quiquet et Marie Pierre Bresson souhaite une plus grande cohérence dans les différents services de la ville. En ce sens, les archives municipales et le service de l'archéologie devront intégrer la direction du patrimoine.

REPONSE DE JACQUES RICHIR

Avant de répondre plus particulièrement à chacune des 13 questions posées qui reflètent les attentes spécifiques de la Renaissance du Lille Ancien en matière de politique communale de protection et de sauvegarde du patrimoine, je me permettrai de resituer ces actions dans le cadre général d'une action municipale attentive à la qualité des lieux et des usages offerts à nos concitoyens, comme à tous ceux qui viennent, chaque jour, y travailler ou nous rendre visite.

Une ville comme Lille, au centre d'un vaste bassin d'emploi, d'une aire métropolitaine transfrontalière et d'un réseau de voies à grande vitesse, doit tout d'abord être une ville desservie est équipée. C'est un investissement majeur sur les modes de transport métropolitain et les équipements de la cité qu'il faut aujourd'hui poursuivre, afin de permettre à la ville d'occuper toute sa place dans le réseau très compétitif des villes européennes. Vous trouverez dans notre programme, " Le nouvel engagement lillois ", une panoplie des actions que nous entendons mener : nouvelle gare RER-TER, tram train, navettes urbaines électriques, grand plan vélo, construction de parkings relais, quartiers à priorité piétonne, grande médiathèque et grand muséum d'histoire naturelle, palais omnisports, pôle nautique, halles culturelles,... sont autant d'éléments qui constituent l'armature de notre projet de politique urbaine pour les équipements et les infrastructures.

Il faut ensuite offrir à nos visiteurs et à nos concitoyens une ville plus belle et plus verte, fidèle à son histoire et engagée dans son avenir. Notre projet de reconquête de " la citadelle en ville " permettra à l'œuvre magistrale de Vauban de retrouver sa dimension historique et de s'inscrire pleinement dans des usages contemporains. La poursuite de la restauration du palais Rameau, la reconstruction de kiosques à musique, la transformation de l'ancienne gare de marchandises Saint-Sauveur en un nouveau quartier Pasteur orienté vers la recherche en lien avec de nouveaux équipements culturels installés dans les anciens bâtiments ferroviaires, la transformation du port fluvial en un éco-quartier assurant l'ouverture de la ville sur les paysages diversifiés de la Deûle (le canal à grand gabarit, le Grand Tournant, le canal de la Moyenne-Deûle, la Haute-Deûle et un nouveau port de plaisance) constitueront les actions emblématiques d'une compréhension du patrimoine appliquée aux paysages, aux tracés, aux espaces publics, aux bâtiments ordinaires et extraordinaires légués par l'histoire de notre ville.

Ce nécessaire préambule exposé, voici nos réponses à vos questions :

Questions numéros 1et 2 : secteur sauvegardé et ZPPAUP
La révision du secteur sauvegardé, de son périmètre et de son règlement, doit être menée en parallèle à la création d'une ZPPAUP, dont il faudra déterminer avec soin les caractéristiques d'espaces publics et d'architectures sur les parties significatives du territoire de la ville. Cet inventaire précis du patrimoine, dans tous les quartiers de Lille - Lomme - Hellemmes, doit réorienter l'esprit du plan local d'urbanisme vers de nouvelles stratégies urbaines. Conjuguer les nécessités du renouvellement urbain et l'héritage des siècles sera au cœur de nos préoccupations d'aménagement.

Question numéro 3 : gestion du patrimoine
Il appartient à la ville d'assumer pleinement sa politique de protection, de gestion et d'aide au patrimoine, avec, s'il y a lieu, le concours des services de l'État. La ville doit se préoccuper de réduire les délais d'instruction des autorisations administratives, dès lors que l'esprit de la règle qui préside au droit des sols aura été reformulée. En secteur sauvegardé, les propriétaires non occupant bénéficient de nombreuses facilités de défiscalisation offertes par la loi Malraux. Il faut étudier les capacités légales d'extension de cette législation aux propriétaires occupants en secteur sauvegardé et en dehors du secteur sauvegardé, selon l'intérêt architectural des immeubles et le type de travaux à réaliser. Les dernières évolutions sur la défiscalisation des travaux de qualité environnementale, par exemple pour l'installation de panneaux solaires ou la récupération des eaux de pluie, seront complétées par des aides propres de la commune en faveur d'éléments significatifs du paysage urbain. Ces travaux devront se réaliser en cohérence avec le bâti ancien et le paysage de la ville, avec une garantie de pérennité dans leur mise en œuvre.

Question numéro 4 : transports et stationnement
Le Vieux Lille, depuis l'Esplanade de la citadelle jusqu'au parvis de la gare Lille Flandres, a vocation à devenir un quartier à priorité piétonne ou se développent les navettes urbaines électriques et les modes de déplacements doux, entre marche à pied et vélos. Des parkings relais auront vocation à accueillir les véhicules des pendulaires afin de désengorger les rues de la ville et de libérer des surfaces dévolues au stationnement qui ne présenteront plus d'intérêt pour la vitalité économique des commerces du centre-ville. Quant au parking du Champ de Mars, l'actuel projet d'aménagement doit être rangé dans les cartons comme devra être abandonné, à terme proche, une capacité de stationnement sur ce site.

Questions numéro 5, 6 et 7 : projet urbain pour le Vieux Lille et réfection des espaces publics
La qualité d'un secteur sauvegardé, voué à la conservation du patrimoine, ne doit pas être antinomique de la volonté de projet. L'aménagement de nombreuses places (place Louise de Bettignies, place du Concert, place des Archives, place Maurice Schumann,...) sera réalisé dans l'optique d'un quartier à priorité piétonne. Il faut également reprendre avec soin de nombreux angles de rue, pignons aveugles et autres élargissements intempestifs de voirie autrefois conçus sous l'emprise du trafic automobile. C'est en quelque sorte de multiples travaux de finition afin de compléter le patrimoine bâti et à un vaste projet d'aménagement des sols qui doivent être entrepris, à partir d'un dessin qui conjugue l'histoire des pavés et les usages contemporains. Ce programme financièrement important ne pourra être engagé que sur la base d'une redéfinition par la Communauté Urbaine de ses règles de dotation de voirie. La question de la présence de l'eau dans le Vieux Lille reste également sensible. Plutôt que de songer à une coûteuse restauration des anciens quais de la Basse-Deûle, aujourd'hui avenue du Peuple Belge, il nous semble plus opportun de réfléchir à l'aménagement de l'ancien canal du Cirque, du canal Saint-Pierre, des éléments subsistant du canal de l'Arc et de l'abreuvoir de Saint-Jacques, tous ces lieux étant susceptibles de retrouver rapidement une physionomie en meilleur accord avec leur histoire. Après la définition précise d'un programme d'aménagement pour chaque secteur, une maîtrise d'œuvre sera recherchée par appel d'offres afin d'allier qualité du projet et pérennité des aménagements. Le quartier du Vieux Lille nécessite d'autres attentions. Il faut éviter la disparition de logements en étage et maintenir des accès directs à la rue, alors que la pression commerciale tend à les faire disparaître. Il faut également assurer, lorsque d'anciennes maisons sont divisées en appartements, des surfaces de service suffisantes, notamment pour les poubelles et les vélos. Pour assurer la sécurité des occupants, il faudra également s'attacher à ce que les cages escaliers présentent des garanties contre la propagation du feu, conformes à la réglementation actuelle.

Question numéro 8 : aménagement des abords de la Citadelle, du Champ de Mars et de l'Esplanade Cette question cruciale est longuement exposée dans notre document de campagne. Préserver la Citadelle, la faire connaître et la faire vivre est pour nous une ambition majeure. Assurer dans le temps la continuité des financements pour entreprendre restaurations et aménagements demandera une large participation financière extérieure à la ville : communauté urbaine, conseil général du Nord, État devront s'engager dans un programme ambitieux de rayonnement. Concernant le chapitre des procédures en cours pour un classement au titre du patrimoine mondial à l'Unesco, il faudra reprendre les discussions sur des bases renouvelées afin de sortir d'une situation actuelle qui a tourné au ridicule lors de la précédente phase de sélection des dossiers de candidature.

Question numéro 9 : les conditions d'accès aux cours, ruelles et canaux
Les espaces publics de la ville doivent rester des lieux ouverts. Si leur accès doit être limité pour des raisons d'usage et de sécurité nocturne, ils doivent rester accessibles, notamment parce qu'ils participent mieux que d'autres à la compréhension de son histoire ancienne. L'exemple du circuit des traboules du Vieux Lyon peut-être une référence pour élaborer ce type d'aménagement.

Question numéro 10 : les musées lillois
Augmenter la qualité et la quantité des musées de Lille est une ambition pour toutes les villes qui ont vocation à être des centres d'intérêt touristique aujourd'hui en Europe. L'investissement culturel représente également un investissement économique majeur. La réhabilitation du canal et le Moulin Saint-Pierre, du canal du Cirque et des jardins de l'îlot Comtesse doivent être des éléments concomitants au programme muséographique du musée de l'hospice Comtesse. Le musée hospitalier trouvera assez naturellement sa place dans l'ancienne pharmacie de l'Hôpital Général, et quelques maisons significatives de l'histoire à travers les siècles et les quartiers de Lille pourront être des maillons intéressants d'une politique renouvelée de l'offre touristique et culturelle de notre cité. Ces investissements pourraient utilement être l'objet d'un partenariat entre la ville et des entreprises au titre du mécénat culturel.

Question numéro 11 : l'animation des anciens quais L'idée de la " restitution des principaux types d'embarcations qui animèrent le réseau des canaux lillois " est une belle idée à conjuguer avec la volonté de recréer les lieux utiles à un tourisme fluvial.

Question numéro 12 : reconstruction de la passerelle Napoléon
Oui

Question numéro 13 : les procédures et lieux de concertation
Les conseils de quartier doivent devenir des lieux de débats au cœur de la démocratie locale, et les mairies de quartier doivent devenir des lieux d'information et d'exposition permanente sur les projets en cours. Le Conseil Communal de Concertation doit être le lieu unique de réflexion en amont des politiques municipales, et ses avis doivent continuer à précéder le vote des élus pour éclairer les décisions à venir.