Un motif de mécontentement

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> A propos des voies bitumées en secteur sauvegardé

 

Le règlement du secteur sauvegardé est formel depuis son approbation, il y a plus de trente ans : « le revêtement des voies et trottoirs doit être constitué de pavages, en pavés de réemploi ou en pavés neufs. Les enrobés ou revêtement de bitume sont interdits. Les pavages existants seront conservés »

Le relevé que nous publions ci-dessous montre le peu d’attention accordée par la Ville et la Communauté Urbaine à cette prescription, néanmoins librement contractée par la puissance publique. La rue Royale fut, il y a plus de vingt ans, la première chaussée pavée à succomber, puis les rues traverses (Négrier, Voltaire, Jemmapes, Princesse) furent progressivement ensevelies sous une nappe de bitume, ne laissant que les trottoirs conserver leur pavement. Une moitié du contour de la Treille connaît le même sort, avec l’attention d’un bitume blanc, invention dont le fournisseur se fit gloire dans une campagne publicitaire. Curieusement, deux rues en limite de secteur sauvegardé ont su conserver leurs pavés, les rues Saint-André et Sainte-Catherine.

Nous pensions, comme beaucoup, que ces réfections bitumées étaient réversibles, et qu’il serait possible de retrouver les pavés dès que la collectivité aura mieux cerné ses priorités. Et bien non ! Le pavé, une fois bitumé, est une matière première économiquement irrécupérable, à moins de réinventer des peines de travaux forcés d’intérêt général. Ainsi, l’erreur culturelle se double d’une erreur d’investissement.

Il faut retrouver cette matière de nos rues et sauvegarder l’atmosphère des chaussées qui savent briller sous la pluie, permettent à l’herbe verte de pousser sur le sable de leurs joints, et drainent les eaux vers le sous-sol.

C’est une affaire de bon sens, c’est également un point de droit !